gilet jaune 610Le monde des travaux publics, qui anticipe un ralentissement de son activité cette année, craint d'être victime des arbitrages budgétaires du gouvernement face aux "gilets jaunes", alors qu'il assure faire partie intégrante des réponses aux revendications du mouvement.

"Il serait quand même paradoxal que nous soyons les dindons de la farce de ce qui est en train de se passer aujourd'hui", a prévenu jeudi Bruno Cavagné, président de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP), lors du bilan annuel de cette organisation dont les adhérents représentent quelque 8.000 entreprises et 260.000 employés.

Pour l'heure, la fédération sort de deux bonnes années de reprise après une période difficile pour le secteur: selon ses derniers chiffres, le montant global de l'activité de ses membres a progressé de 10,5% en 2018 pour un chiffre d'affaires de 41 milliards d'euros.

Seulement, elle s'attend à un net ralentissement cette année avec une hausse de 5,5%. Dans l'immédiat, c'est largement le retour de l'inflation qui explique ce ralentissement: les prix ont accéléré leur hausse l'an dernier en France, ce qui va peser sur les coûts du secteur.

"On a des hausses de coûts de production, que ce soit l'énergie, que ce soit sur les matériaux ou que ce soit sur la masse salariale", a souligné M. Cavagné. "Naturellement, cela influe sur notre activité."

Les craintes du secteur vont surtout au-delà, la fédération envisageant la fin du cycle de reprise à partir de 2020, et se fixent sur les intentions budgétaires du gouvernement qui va devoir financer plusieurs mesures destinées à apaiser les "gilets jaunes".

Le président de la République, Emmanuel Macron, a fait fin 2018 une série d'annonces, destinées à répondre à ce mouvement aux revendications multiples mais tournant largement autour du pouvoir d'achat.

- Les collectivités saluées -

Ces mesures, dont par exemple un élargissement de la prime d'activité, représentent plusieurs milliards d'euros à financer pour l'exécutif.

Dans ce contexte, la FNTP craint particulièrement pour le projet de loi sur les transports, dit LOM pour "loi d'orientation sur les mobilités", dont elle attend beaucoup en matière d'investissements mais dont elle juge encore flou le financement.

"Je n'ose même pas imaginer que l'on reporte la LOM sine die", a soufflé M. Cavagné, jugeant que la question de la mobilité était au coeur même du mouvement des gilets jaunes, né d'une opposition à la hausse d'une taxe sur les carburants.

"Ce mouvement (...) a démarré sur des choses que l'on connaît bien", a-t-il estimé.

Le secteur a, d'ailleurs, obtenu fin 2018 une victoire dans les premiers temps du mouvement. L'exécutif a suspendu la hausse d'une taxe sur un carburant - le gazole non routier (GNR) - qui touchait particulièrement le bâtiment et les travaux publics.

"On paie aujourd'hui, avec entre autres cette crise des gilets jaunes, 10 ans de sous-investissements" dans les infrastructures, a enchainé M. Cavagné.

A ce titre, la fédération craint également que la politique du gouvernement réduise la marge de manoeuvre des collectivités locales, par exemple exposées à la diminution de la taxe d'habitation.

"Les élus locaux ne sont pas idiots, ils ne font pas n'importe quoi", a assuré M. Cavagné. "Arrêtons d'emmerder les collectivités."

Le sujet est crucial pour la fédération car les investissements des collectivités, auprès desquelles ses membres réalisent plus de 40% de leurs revenus, sont le principal moteur de la reprise récente de son activité.

La FNTP souligne qu'ils rebondissent depuis 2017 et s'attend à ce que ce mouvement se poursuive l'an prochain.

Cas particulier par son ampleur, le projet du Grand Paris, qui prévoit à terme quatre milliards d'investissements par an autour de la capitale, devrait dès 2019 contribuer à la moitié de la hausse d'activité du secteur.

Paris, 10 jan 2019 (AFP) - © 2019 AFP

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