La Grande Arche de la Défense, qui fait peau neuve depuis plus de deux ans, s'apprête à rouvrir au public son toit, réaménagé avec vue imprenable sur Paris, un espoir de renaissance pour cet édifice emblématique mais maltraité par les ans et les usages.

A partir du 1er juin, les ascenseurs panoramiques du gigantesque cube emporteront à nouveau touristes et habitués du quartier d'affaires jusqu'à son toit-terrasse, fermé aux visiteurs depuis la chute d'une poulie au passage d'une cabine il y a sept ans.

Là, à 110 mètres au-dessus du sol, une promenade offrira un panorama à 360 degrés vers, d'une part, le parvis de La Défense et l'axe historique de Paris, de l'Arc de Triomphe aux Tuileries, de l'autre, le Grand Paris.

Quelques marches plus bas, au 35e étage de l'Arche, seront inaugurés "Les Jardins de Joséphine", bistrot gastronomique du chef Jean-Christian Dumonet, une sandwicherie haut de gamme, des amphithéâtres rénovés. Et, sur 1.200 mètres carrés, "L'Arche du photojournalisme", un espace dédié à la photo documentaire, confié à Jean-François Leroy, cofondateur du festival "Visa pour l'image" de Perpignan.

Sur la terrasse, accessible jusqu'à 18H30 moyennant un ticket d'entrée puis privatisable en soirée, des séances de yoga au lever du soleil ou de cinéma en plein air devraient aussi être organisées... bien loin du belvédère malcommode et de la piste d'hélicoptère qui y préexistaient.

"La Grande Arche dispose pour la première fois d'une offre à sa hauteur", affirme City One, l'exploitant du toit, qui espère, selon son président Nicolas Lixi, "un million" de visiteurs chaque année.

- Le marbre devient granit -

Le groupe Eiffage et les architectes Valode & Pistre avaient été chargés fin 2014 par l'État de rénover les deux tiers du monument dont il est propriétaire: la paroi Sud, achevée en avril, et le toit. Des travaux à 192 millions d'euros pour rendre à l'Arche sa superbe.

Toit fermé, marbre de Carrare gondolé... Le monument voulu par François Mitterrand, conçu par un architecte alors inconnu, le danois Johan Otto Von Spreckelsen, et inauguré en 1989 pour le bicentenaire de la Révolution française, n'était plus alors qu'un immeuble de bureaux en piteux état.

La veuve de Spreckelsen, mort sans voir son oeuvre achevée, et l'architecte Paul Andreu, qui avait repris le flambeau, étaient d'accord pour renoncer au marbre. "Nous avons parcouru le monde entier", raconte l'architecte Jean Pistre, jusqu'à identifier la pierre parfaite pour des façades "absolument à l'identique", du granit du Vermont.

Les ascenseurs panoramiques ont été revus pour supporter des vents de 80 km/h, les bureaux des ministères de l'Environnement et du Logement entièrement rénovés, les performances énergétiques améliorées.

Et la galerie dédiée au photojournalisme offre "un regard sur le monde en phase avec la position centrale mondiale de l'Arche", souligne Jean Pistre, "en lien avec sa vocation d'origine", un "Carrefour de la communication" qui n'avait jamais vu le jour.

- "Manque de sens" -

Quant à la paroi Nord, détenue par trois copropriétaires - AXA, Caisse des Dépôts, SCI du Domaine de Pouilly -, elle détonne toujours, vétuste et parée de filets.

En septembre, quinze célèbres architectes s'étaient émus, dans une tribune au Monde, d'une "situation inédite: une Grande Arche pour partie remise à neuf, pour partie laissée à l'abandon". Mais les travaux côté Nord auront bien lieu à partir de cet été, avec le même granit.

L'ensemble souffre depuis ses débuts d'un "manque de sens", s'était désolée, toujours dans Le Monde, l'écrivain Laurence Cossé, auteure d'un roman remarqué sur l'histoire du monument (La Grande Arche, Gallimard), estimant que "L'Arche du photojournalisme" représente "un bien petit projet pour un grand vaisseau suspendu, unique en son genre".

"Est-ce qu'un grand musée, une grande fondation, ne pourrait pas investir cet endroit superbe?", avait-elle conclu. "A grande oeuvre architecturale, grande ambition, de grâce."

La fin des travaux de la paroi Nord est prévue à l'automne 2018. L'Arche aura alors achevé sa métamorphose.

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La Défense (France), 20 mai 2017 (AFP) - © 2017 AFP

 

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