La tour de la Paix, une colonne de verre au centre de Saint-Petersbourg, une création de l'artiste Clara Halter offerte par la France en 2003, a été démontée dans la nuit de mercredi à jeudi après s'être fissurée avec la canicule exceptionnelle qui frappe la Russie. "La tour a été démontée cette nuit. Ses panneaux de verre se sont fissurés avec la canicule, elle est devenue dangereuse pour les automobilistes et les passants. Des parties métalliques sont également couvertes de rouille", a dit à l'AFP Ioulia Pogodina, responsable de l'entreprise Lensvet chargée du service de cette tour de 10 tonnes et 18 mètres. Dressée place Sennaïa en pleine centre-ville, conçue par Clara Halter et l'architecte français Jean-Michel Wilmotte, la tour se compose de deux parois de verre convexes, éclairées de l'intérieur, où le mot "paix" est gravé en cinquante langues. Elle avait été offerte en 2003 par la France à la ville de Saint-Pétersbourg pour son tricentenaire, mais cette construction ultra-moderne sur la place historique de l'ancienne capitale impériale russe avait suscité à l'époque des critiques de la part des habitants, et du ministre russe de la Culture de l'époque, Mikhaïl Chvydkoï. L'écrivain français Marek Halter, grand défenseur de l'amitié franco-russe, qui avait été à l'initiative de l'installation à Saint-Petersbourg de cette oeuvre de son épouse, s'était dit récemment "surpris" par la perspective du démontage. "Le démontage de la tour de la Paix en pleine année de la France en Russie peut non seulement coûter cher à l'administration de la ville mais aussi ferait mauvaise impression sur l'Europe et entraînerait des suites judiciaires en Russie et en France", a écrit M. Halter dans une lettre en russe adressée à l'entreprise Lensvet, dont l'AFP a eu copie. "Nous avons reçu une lettre prétentieuse de la partie français, mais nous comptons sur un dialogue constructif", a réagi Vitali Smirnov, responsable de l'entreprise Lensvet. Il n'a pas été en mesure le préciser le sort réservé à la tour controversée.
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