Le cimentier italien Italcementi a annoncé mardi que son plan d'émission obligataire, pouvant aller jusqu'à 2 milliards d'euros, serait effectué via une nouvelle filiale, Italcementi France, basée à Paris. "Cette émission obligataire, annoncée vendredi à Milan, devrait débuter par une première tranche comprise entre 500 millions et 1 milliard d'euros", a indiqué Giovanni Ferrario, directeur général du groupe italien qui possède 82% de Ciments Français, lors d'une conférence de presse dans la capitale française. Pour M. Ferrario, qui est également depuis juin 2008 le directeur général délégué de Ciments Français, "la centralisation de la gestion financière du groupe est une évolution naturelle" même si la fusion entre les deux entités, envisagée l'an dernier, n'est pas encore possible en raison de l'opposition des créanciers américains Cette émission obligataire va notamment permettre de refinancer une partie consistante de l'endettement de Ciments Français. Fin 2009, l'endettement net de Ciments Français s'élevait à 1,562 milliard d'euros. Ciments Français a également proposé à ses créanciers privés américains une offre de rachat, partielle ou totale, des obligations qu'ils détiennent pour un total de 500 millions de dollars, à un taux de 106,5%. "L'offre de rachat devrait être acceptée partiellement mais pas totalement", a estimé M. Ferrario, ce qui continuera de bloquer la fusion envisagée qui aurait fait du groupe le cinquième cimentier mondial. Pour 2010 Ciments Français fait fait preuve de "prudence" après "de très mauvais mois de janvier et février" et envisage une baisse des volumes vendus de 5% en France, a affirmé Jean-René Nanot, président des Ciments Français. "L'évolution globalement négative des facteurs de marché, volumes et prix de vente, ainsi que la probable hausse des prix des combustibles devraient peser négativement sur le résultat", indique un communiqué de la filiale d'Italcementi. "Les plans de relance gouvernementaux n'ont qu'un impact marginal en 2010 et on ne s'attend pas à un rebond significatif en Europe occidentale", explique M. Nanot. En 2009 Ciments Français a vu son bénéfice net (part du groupe) baisser de 11,9% à 234,3 millions d'euros pour un chiffre d'affaires en chute de 11,7% à 4,215 milliards d'euros. Le nombre de salariés de Ciments Français dans le monde a diminué de 1.300 en 2009 pour revenir à 18.000. En France l'ajustement des effectifs s'effectue par la diminution du nombre d'intérimaires et le non-remplacement des départs.
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